Je ne regarde plus la télévision…

Par Nicolas Karolak, dim. 30 avril 2017, dans Blog

humeurs, société

C’est le truc à la mode, le truc à caler en soirée pour paraître intelligent, cultivé, beau, riche et puissant. Cependant, si…

…je lis Le Monde, Le Parisien, etc.

Je ne suis pas beaucoup mieux informé que si je regardais TF1, BFMTV, etc.

Médias français : qui possède quoi ?

Ces journaux appartiennent tous plus ou moins au mêmes propriétaires que les chaînes de télévision. Donc en les lisant sans discernement, sans esprit crtique, un peu de manière passive comme lorsqu’on regarde la télévision, on subit la même propagande.

Pour pouvoir se prétendre bien informé ou non atteint par la « désinformation », la bonne pratique consiste à puiser dans des sources sérieuses, de préférence indépendantes, parfois spécialisées, et à les diversifier. Il peut être intéressant d’aller voir ce qui se dit chez « l’adversaire », ceci afin d’éviter l’effet de bulle dans lequel vous n’êtes confrontés qu’à des informations qui confirment votre façon de voir les choses. Exemple, si vous ne lisez que Mediapart allez tout de même voir le point de vue contraire chez Le Figaro, afin d’exercer votre esprit critique.

…je regarde des vidéos stupides sur YouTube, Facebook, etc.

Je n’occupe pas mieux mon temps que si je le passais devant « Touche Pas à Mon Poste ».

Regarder des stupidités sur Internet n’est certainement pas mieux que de les regarder à la télévision, c’est même pire. Avec la télévision on ne choisit pas le programme, on le subit (même si on peut tout de même aller sur des chaînes plus intéressantes, comme Arte). Alors qu’avec Internet on choisit de son propre chef d’aller voir des stupidités. Si donc vous regardez les « Anges de la télé-réalité » sur YouTube, ne vous croyez pas meilleurs que ceux qui se vautrent devant la télévision.

Pour pouvoir prétendre utiliser votre temps sur Internet d’une manière digne de quelqu’un de cultivé, vous pouvez éventuellement suivre des vidéastes qui font de la vulgarisation scientifique, de l’Histoire, de la sociologie, de la critique cinématographique et littéraire, etc.

…je regarde des séries et films sur Netflix ou en téléchargement/streaming

Je ne suis pas moins sous influence du soft-power made in USA que si je regardais « Les Experts » à la télévision.

Catalogue Netflix

Il n’y a pas nécessairement de mal ici, mais regarder des films/séries sur Internet, ce n’est pas bien différent que de les regarder à la télévision, vous n’êtes pas spécial. Si vous voulez toujours pouvoir frimer en disant que vous ne regardez la télévision, dites que vous consommez malgré tout des séries, mais avec modération, et/ou alors que vous regardez des documentaires ou des films indés. Ça sauvera les meubles.

…je passe tout mon temps devant l’ordinateur

Mon occupation n’est pas nécessairement moins chronophage que de regarder la télévision.

No-life Southpark

Se vautrer devant l’ordinateur n’est pas forcément plus valorisant que de se vautrer devant la télévision.

Cependant il y a plein de bonnes choses à faire sur un ordinateur, beaucoup moins devant la télévision. Vous pouvez en effet choisir ce que vous allez faire et/ou regarder. Vous pouvez suivre des cours en ligne pour apprendre à programmer, cuisiner, jardiner, etc. Vous pouvez vous cultiver en apprenant les mathématiques, les sciences, l’histoire, la botanique, etc. Vous pouvez vous informer via des sources diverses et variées, indépendantes, engagées, etc. Vous pouvez aussi jouer (avec modération) à des jeux vidéos, c’est bon pour le cerveau il paraît (#PCMasterRace).

Mais, selon moi, il est important de ne pas se couper du monde non-virtuel. Vous pouvez regarder des vidéos de cuisine, en connaître par cœur les recettes et astuces, ce n’est pas dit que vous saurez la reproduire et vous n’en connaissez pas pour autant le goût. Vous pouvez regarder de superbes photos du ciel étoilé sur votre écran, vous ne connaîtrez pas pour autant la sensation que ça procure de le contempler en vrai, lors d’une nuit dégagée, sans pollution lumineuse, de voir des étoiles d’un bout à l’autre de l’horizon. Vous pouvez connaître l’histoire de la seconde guerre mondiale sur le bout des doigts, ça ne signifie pas que vous savez ce que ça fait de risquer sa vie au combat, ou de subir l’horreur dans un camp de concentration.

Pour conclure, faite ce que vous voulez, mais n’ayez pas une trop haute opinion de vous même ;-)